A. L'impayé est constitué dès le retard
B. On peut recouvrer toute créance impayée, si elle est à la fois certaine, liquide et exigible.
La créance est le droit du créancier d'être payé par son débiteur. La créance devient un impayé dès qu'elle n'a pas été payée à l'échéance, alors qu'elle est à la fois certaine, liquide et exigible. Dès l'impayé, le créancier peut procéder au recouvrement, lui-même ou par mandataire.
A. L'impayé est constitué dès le retard
L'impayé est constitué dès qu'il y a retard de paiement. Il faut bien être conscient que, dès qu'il y a retard de règlement, fût-ce d'un seul jour, il y a impayé juridiquement. Le débiteur est défaillant, puisqu'il ne s'est pas libéré de son obligation à la date échue.
Le créancier professionnel (une entreprise) refuse la plupart du temps d'envisager un retard de paiement en termes d'impayé. Pour des raisons commerciales, parce qu'il a peur de se mettre à dos un client important. Parce qu'il pense que le retard ne durera pas, que le paiement interviendra, tôt ou tard, que le client ne lui fera pas faux bond. Mais c'est une attitude à la fois risquée, et coûteuse pour l'entreprise créancière. Cette attitude est risquée, parce que, si le retard devait en fin de compte se transformer en non-paiement, le créancier se mordra les doigts, mais trop tard, de ne pas avoir pris au sérieux l'incident de paiement, et de ne pas avoir pris, en conséquence, les mesures qui lui auraient permis de garantir sa créance et de la recouvrer dans les meilleures conditions. Mais il ne peut pas revenir en arrière. Cette attitude est également coûteuse, parce que, même si la créance est finalement payée par le client débiteur, c'est l'entreprise créancière qui aura dû supporter la baisse de trésorerie due au retard.
B. On peut recouvrer toute créance impayée, si elle est à la fois certaine, liquide et exigible .
Avant de recouvrer sa créance impayée, le créancier doit vérifier qu'il a une créance à la fois certaine, liquide et exigible.
Le créancier devra apporter la preuve du caractère certain de la créance qu'il invoque. Cette preuve pourra être établie par des documents constatant formellement l'accord des parties, parfois aussi par des témoignages et des pièces écrites informelles
Lorsque la créance n'est pas sérieusement contestable et qu'elle remplit certaines conditions, le créancier peut engager une procédure simplifiée d'action en paiement, particulièrement efficace : l'injonction de payer ou le référé-provision.
Si sa créance est susceptible d'être contestée, dans son principe ou dans son montant, le créancier devra engager une procédure visant à faire reconnaître la réalité de sa créance, avant de pouvoir la recouvrer. Il recourra sans ce cas à l'assignation en paiement .
Lorsqu'une créance n'est pas liquide, par exemple lorsqu'on demande des dommages et intérêts en réparation d'un préjudice qui n'a pas encore été estimé, le créancier ne peut pas exiger d'être payé avant d'avoir préalablement fait établir le montant de sa créance (notamment par expertise).
Lorsque l'acheteur d'une maison signe un compromis de vente, le contrat de compromis contient généralement une condition suspensive, suivant laquelle l'acheteur ne sera obligé d'acheter la maison et d'en payer le prix convenu, qu'à la condition suspensive qu'il obtiendra le prêt bancaire lui permettant de financer l'achat. Tant que la banque n'a pas donné sa réponse, l'achat est "suspendu" à la réponse de la banque, et la créance du vendeur n'est pas exigible. Le vendeur ne peut donc pas procéder au recouvrement de cette créance non exigible, auprès de l'acheteur présumé. Si en fin de compte, la banque refuse d'accorder un prêt, l'acheteur n'est pas obligé d'acheter la maison, et le vendeur ne sera plus titulaire d'aucun droit de créance. La créance ne deviendra exigible, que si le prêt immobilier est accordé.
Quand deux personnes stipulent dans un contrat de vente que la vente sera résolue (c'est-à-dire annulée) si l'acheteur n'est pas venu retirer la marchandise dans le délai d'un mois, et que l'acheteur ne vient pas retirer la marchandise dans ce délai, la vente est annulée. Le vendeur ne peut évidemment pas exiger de paiement.
Le contrat d'abonnement à EDF est un exemple de contrat dans lequel les créances sont à exécution successive : le particulier doit verser, tous les deux mois, le prix de sa consommation. Aucune date de fin de contrat n'est fixée a priori.
Ces deux types de contrats prévoient souvent que le terme sera déchu (et donc le paiement exigible), si un paiement n'a pas été fait dans tel délai après la date prévue pour le règlement.
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